Séries TV animées d’aujourd’hui : mes chaînes favorites.

Les chaînes Cartoon Network, Disney XD et Nickelodeon demeurent mes favorites, mais un laisser-aller pourrait profiter à la concurrence. Il faut dire que le câble/satellite a considérablement amélioré les programmes jeunesse.

Le vrai programme jeunesse a juste 15 ans.

Le bouquet de télévision câblée numérique et satellitaire a considérablement développé l’offre jeunesse en France. D’une part, le flux massif et ininterrompu de programmes a rapidement affranchi les enfants de la tyrannie des créneaux horaires « petit-déjeuner » et « goûter ». D’autre part, en rassemblant et en fidélisant le jeune public et les annonceurs, les chaînes ont constitué une source de revenus solide et sans cesse renouvelée, favorisant (dans l’idéal) la créativité et l’innovation.

Mais c’est par leur qualité que ces chaînes ont transformé l’enfant téléspectateur en téléspectateur enfant. Certes, dès , l’exquis Philippe Dana (Wikipédia) (Ça Cartoon, sur Canal Plus) avait déjà démontré — d’une manière unique, à ma connaissance — ce que peut être la considération pour le jeune public : de bons contenus, un ton et une identité visuelle qui forgent un sentiment d’appartenance, et surtout un travail à l’écran qui est toujours au service de celui qui regarde et jamais de celui qui présente.

Il faut pourtant attendre l’arrivée salvatrice de Cartoon Network (site officiel) en , et de Nickelodeon (site officiel) en , pour que les enfants échappent enfin pleinement au modèle des variétés et des émissions grand public (l’infâme Club Dorothée (-, sur TF1), Les Minikeums (-, sur France 3)), ou à celui, paresseux et sérieusement porté sur le recyclage, des chaînes fourre-tout (Canal J (sur Canalsatellite en ) ou la honteuse Gulli () par exemple).

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Nick chute, XD grimpe, et CN tout en haut.

Trois chaînes dominent actuellement le marché des séries animées, en particulier grâce à un mélange d’humour et d’action. Au côté des fameuses Nickelodeon et Cartoon Network, Disney s’est ainsi peu à peu imposée avec sa dynamique petite dernière : Disney XD (site officiel).

Disney XD : l’artillerie lourde.

En , la refonte de Jetix France en Disney XD a débarassé la chaîne de son ciblage « jeunes adolescents », de son ambiance techno-3D typique des années , et donc d’une grande partie de ses insupportables séries d’action bardées de méga hyper super. Place désormais à la maturité :

  • Kick Kasskoo (Kick Buttowski) de Sandro Corsaro (), produite par Chris « Magique » Savino (qui servit grandement l’atterrante Hanna-Barbera durant les années ). Musique endiablée, séquences épiques, Kick Kaskoo narre les aventures du cascadeur en herbe avec un sens du montage impressionnant et un rendu net et fluide, très moderne.
  • Phinéas et Ferb de Dan Povenmire et Jeff Marsh (). La série animée préférée d’Éric Judor est le programme-phare de la chaîne : il en reprend l’imagerie colorée et naïve, et surtout les numéros musicaux — véritables morceaux de bravoure sortis en CD. Phinéas et Ferb bénéficie d’un doublage français qui sert parfaitement sa galerie de personnages.

Disney XD n’a donc pas lésiné pour livrer des séries de haute qualité, en se permettant même de rogner sur le territoire du concurrent Nickelodeon avec le sympathique Eddy Noisette (Melanie Watt, ), un étalagiste obsessionnel flanqué d’un gros ami idiot et d’un collègue cynique et malchanceux.

Quelque chose de pourri au royaume de Nickelodeon

Les amateurs auront sans doute constaté la ressemblance entre les personnages d’Eddy Noisette et ceux de Bob l’Éponge (Stephen Hillenburg), show culte de Nickelodeon depuis . L’éponge la plus populaire du Monde demeure malheureusement la figure de proue de la chaîne, alors qu’elle devient, en et un changement d’équipe, l’un des pires programmes jeunesse visibles sur le territoire.

Disons-le tout net. En , Nickelodeon ne propose plus de bons programmes que ses séries filmées : Ned, Big Time Rush, iCarly et Victorious valent en effet le détour. Côté animations, l’honneur est sauf grâce à quelques rediffusions (El Tigre, Jimmy Neutron, La Ferme en Folie) et à La Légende de Korra (Michael Dante DiMartino et Bryan Konietzko, ), bonne surprise de cette année. Cette série continue l’histoire de la série animée Avatar. À l’inverse, Fanboy et Chum Chum (Eric Robles, ) — pourtant couvert de récompenses — ne m’a pas convaincu, et ce n’est pas un remake des Tortues Ninja qui fera mieux !

Dernière preuve d’un certain laisser-aller de la chaîne : en , ses décideurs ne retiennent pas l’épisode-pilote d’une série que Cartoon Network accepte immédiatement. C’est Adventure Time.

Cartoon Network : simplement la meilleure.

Historiquement, Cartoon Network a toujours eu une longueur d’avance. Diffusée plus tôt que ses deux concurrentes, elle a produit des séries d’humour telles que Le Laboratoire de Dexter et Les Super-Nanas (aujourd’hui visibles sur la chaîne Boing), ou encore Les Jumeaux Barjos (The Cramp Twins). Elle distribue même une adaptation de la web-série à succès The Annoying Orange, ainsi que des séries d’animation plus/très adultes comme Black Dynamite ou Robot Chicken grâce à sa chaîne Adult Swim.

Aujourd’hui, Cartoon Network domine avec trois de ses (trois des ?) meilleures séries :

  • Adventure Time de Pendleton Ward (), probablement écrite et dessinée sous acides, et qui ouvre selon moi le temps de l’animation moderne. Elle narre les aventures merveilleuses — et souvent émouvantes — de Jake le chien et de Finn l’humain, à la fois amis et frères (!). Tendant régulièrement vers le musical, la série offre une bande-son particulièrement léchée.
  • Le Monde Incroyable de Gumball de Ben Bocquelet (), que la chaîne met à juste titre très en avant. Excellence de l’animation et du character design, rare exigence de rythme et de montage, scénarios malins autour du classique quotidien scolaire et familial d’un enfant. La série propose d’étendre l’expérience avec de la réalité augmentée (Wikipédia).
  • Regular Show de J.G. Quintel (), production typique de la chaîne ; une sorte de Beavis & Butthead (Mike Judge, , diffusée sur MTV) moins vulgaire et gonflée au genre fantastique. Intelligente et osée, en passe de devenir culte, elle a remporté un Emmy Award en .
L'obèse Monsieur Muscle fait tournoyer son t-shirt pendant que Fantôme Frappeur l'encourage.
Fantôme Frappeur et Monsieur Muscle dans Regular Show.
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Conclusion.

À moins d’un mauvais virage de ces séries, à l’instar de Bob L’Éponge, tout porte à croire que Cartoon Network dominera le marché dans les années à venir.

En dehors de ces trois chaînes, signalons les très réussis Angelo la débrouille (, produite par TeamTO et Cake Entertainment) et feu Raymond (Romain Gadiou, ) sur Télétoon Plus (site officiel), ainsi qu’Olivia (Ian Falconer, ) et l’immanquable Pocoyo (David Cantolla, Luis Gallego et Guillermo García, ) sur Nickelodeon Junior (site officiel).

Remarque : Les dates des chaînes correspondent à leur lancement en France et les dates des séries, à leur première diffusion mondiale. J’espère ne pas avoir commis d’erreurs.

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Note.

La série animée Avatar n’a rien à voir avec le film éponyme de James Cameron, sorti après. Son adaptation cinématographique, Le Dernier maître de l’air (Wikipédia), a été un échec. [retour à la référence]

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